Editorial 4/2024

Chère lectrice, cher lecteur,
La question de la forme d’enseigne-ment adéquate pour les enfants qui présentent des besoins particuliers, notamment une déficience visuelle et un polyhandicap, retient l’atten-tion du système éducatif suisse de-puis des décennies. Alors que par le passé, des solutions séparatives dans des classes spécialisées étaient de mise, l’intégration s’est peu ä peu frayé son chemin dès les années 1990. Aujourd’hui prédomine l’interroga-tion suivante : Comment l’enseignement inclusif peut-il réussir ?
Les chiffres publiés par l’Office fédéral de la statistique sur la pédagogie spécialisée montrent que toujours plus d’enfants ayant des besoins de soutien spécifiques sont scolarisés dans une école ordinaire. Lors de l’année scolaire 2018-2019, 3,2 % des quelque 950’000 élèves fréquentant l’école obligatoire suivaient une classe spécialisée ou une école spécialisée et 4,8 % bénéficiaient d’une « mesure de pédagogie spécialisée renforcée ». Près de la moitié de ces élèves fréquentaient des classes ordinaires.
L’exemple du centre de compétence du Sonnenberg illustre plus précisément ce thème. En un siècle, l’école spécialisée pour élèves en situation de handicap visuel a fait place à un centre scolaire et de consultation spécialisé en pédagogie curative qui soutient également les élèves en situation de polyhandicap. tactuel s’est entretenu de ce changement de paradigme avec Thomas Dietziker, directeur général du centre de compétence. Pour lui, une étroite collaboration multidisciplinaire est une condition sine qua non d’un enseignement inclusif.
Un réseau solide entre les divers spécialistes est également précieux lors du diagnostic de troubles neurologiques. Ainsi, l’orthoptiste Iris Reckert souhaite une collaboration plus étroite entre l’orthoptie, la neurologie et l’ophtalmologie afin d’améliorer le diagnostic et le traitement de troubles neurovisuels comme la maladie de Parkinson. Vous en découvrirez davantage dans son interview.
Une équipe interdisciplinaire de chercheurs de l’école intercantonale de pédagogie curative HfH de Zurich et du centre de compétence de la vision, du comportement et de la parole du Sonnenberg a mis au point des symboles imprimés en 3D afin d’aider les enfants en situation de déficience visuelle et de polyhandicap à communiquer leurs besoins. Cette approche innovante montre de façon éclatante comment la technologie, axée sur les besoins d’un groupe spécifique, permet d’éliminer les barrières.
J’ai le plaisir de vous présenter ma première édition de tactuel. En tant que responsable de la communication à l’UCBA, je m’engage depuis deux ans, à sensibiliser le grand public aux déficiences visuelles et à la surdicécité. Je me réjouis de partager avec vous, dans cette édition, des perspectives et des nouvelles captivantes.
Kathrin Schellenberg, rédaction de tactuel